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Sarkozy joue cette semaine réformateur

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Sarkozy joue cette semaine réformateur

Message par miss28 le Mer 14 Nov - 11:52

Mercredi 14 novembre, sept syndicats sur huit appellent à une grève reconductible à la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Un mot d'ordre partagé par la plupart des organisations syndicales de la RATP et d'EDF-GDF. Mardi 20 novembre, ce sera au tour des fonctionnaires d'entrer dans le mouvement pour une journée d'action au nom de la défense des effectifs et des salaires. Jeudi 29, enfin, les magistrats défileront contre la réforme de la carte judiciaire. A ce tableau, s'ajoutent les mots d'ordre de grève et de blocage lancés dans certaines universités contre la loi d'autonomie votée en août.

Face aux risques d'une coagulation des mécontentements, Nicolas Sarkozy choisit l'offensive en opposant la légitimité de son élection et la durée de son mandat aux revendications des syndicats, ignorant l'usage qui veut que le chef de l'Etat se protège derrière son gouvernement. "C'est sa façon d'exercer son métier, c'est son style", explique Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, au Monde. "Il ne faut pas oublier que c'est l'homme de la maternelle de Neuilly", relance Patrick Devedjian pour justifier la position avancée du chef de l'Etat.
"J'ai été élu sur un projet présidentiel, a expliqué Nicolas Sarkozy, vendredi 9 novembre, devant les membres du club Progressistes d'Eric Besson. J'ai des solutions à apporter aux problèmes de la France. Ces solutions-là, je les apporterai." Il a ajouté : "Dans une démocratie, c'est l'électeur et le citoyen qui parlent." "Nous avons annoncé la couleur de la manière la plus claire qui soit", a renchéri François Fillon, le 11 novembre, dans Le Journal du dimanche. Le premier ministre est beau joueur. En septembre 2006, lorsqu'il avait spectaculairement remis sur la table le sujet des régimes spéciaux de retraite, il avait dû attendre quarante-huit heures, et les premiers sondages, pour obtenir le soutien de M. Sarkozy. Depuis, d'autres enquêtes ont confirmé l'adhésion majoritaire de l'opinion à cette réforme. "Les Français approuvent", se félicite M. Guéant.
Politiquement, le chef de l'Etat attend beaucoup d'une victoire sur le terrain des retraites. Le "choc de confiance" se fait toujours attendre, la question du pouvoir d'achat est au premier rang des préoccupations des Français, et l'UMP voit se profiler les municipales de mars 2008 - premier test électoral pour M. Sarkozy et son gouvernement - avec inquiétude.
Plusieurs élus de l'UMP craignent de n'avoir "rien dans la besace" à cette échéance. "Pour les municipales avoir réussi les réformes ce serait un plus, a convenu le chef de l'Etat jeudi devant les dirigeants de l'UMP. A contrario, ne pas les mener à bien, ce serait un moins."
Les affirmations de fermeté répétées du chef de l'Etat visent aussi un autre objectif : rassurer son camp sur sa capacité à tenir : "Moi, je ne ferai pas ce que les autres ont fait avant", a tonné M. Sarkozy vendredi. Les autres ? Jacques Chirac et Alain Juppé qui, en 1995, avaient cédé face à la rue, en retirant leur projet de réforme des régimes spéciaux sous la pression. De quoi alimenter les doutes des syndicats, qui soupçonnent l'Elysée de chercher à politiser le conflit pour en retirer les meilleurs profits en cas de victoire. "J'ai le sentiment, explique François Chérèque (CFDT), que le gouvernement nous demande de faire grève". Bernard Thibault (CGT) le soupçonne, dans le JDD, de "vouloir le conflit pour l'exemple", constatant que "toutes les catégories professionnelles" ne sont "pas traitées avec la même brutalité".
Car le chef de l'Etat sait aussi être accommodant. Les marins pêcheurs, qu'il a gratifiés de six mois d'exonération de charges patronales en compensation de la hausse du prix du gazole, en savent quelque chose.
Tout comme les conducteurs de trains, qui garderaient de facto leur droit à la retraite à 50 ans, ou les internes en médecine, qui pourront continuer de choisir librement leur lieu d'installation. La loi sur les universités ou celle sur le service minimum, votées cet été, ont été perçues par certains élus comme un "recul" par rapport au programme. Quel Sarkozy sera à la manoeuvre dans les jours à venir ? "Droit dans ses bottes" ou conciliant ? Arc-bouté sur la rupture ou prêt à désamorcer le conflit au prix de replis déguisés comme il a su le faire, plus loin de nous, lors de la crise des personnels non enseignants de l'éducation nationale (TOS) en 2005 ou l'année suivante sur le CPE ? Il s'agissait à l'époque de se défaire des habits d'homme d'ordre intransigeant et de rallier des suffrages à gauche. Aujourd'hui, l'équation est tout autre. Le moindre renoncement sur un dossier aussi emblématique pour la droite que celui des régimes spéciaux affaiblirait considérablement ses capacités à réformer le pays.
"On réformera les retraites, le service de l'emploi et la carte judiciaire, a prévenu le chef de l'Etat à Washington. J'ai cinq ans devant moi". "Attention, tempère M. Devedjian. Si la méthode est brutale, l'opinion se retournera, il faut la jouer avec souplesse et humilité".
Philippe Ridet

Source: le monde.fr

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