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Le PC chinois cherche prudemment sa voie

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Le PC chinois cherche prudemment sa voie

Message par BABA.net le Mar 16 Oct - 1:55

Le parti ouvre son XVIIe congrès. Dissimulé par le secret et les slogans, le cap que prendra la Chine de Hu Jintao reste un mystère.

AVEC 73 millions d'adhérents, une mainmise totale sur l'État, et un succès économique qui fait trembler l'Europe comme l'Amérique, le parti de Mao n'aurait pas vraiment de raison de s'inquiéter. Pourtant, sous un vernis de propagande et d'autosatisfaction, le XVIIe congrès du Parti communiste chinois, qui s'ouvre aujourd'hui à l'abri des lourdes portes du Palais du peuple, pourrait être celui de l'incertitude.

Nul doute que le numéro un Hu Jintao verra son autorité renforcée au bout de cette grand-messe pékinoise. Les 2 213 délégués, paysans, généraux, patrons, ministres, voire cosmonaute, vont changer les instances gigognes du PCC, jusqu'au Comité permanent, coeur du pouvoir et authentique conseil d'administration de la République populaire.

La partie, conduite d'en haut, est jouée d'avance. Elle a commencé il y a plus d'un an avec le renouvellement des hiérarchies provinciales. Jusqu'ici, elle s'est faite au profit du clan de Hu Jintao, les anciens de la Ligue de la jeunesse communiste. Et aux dépens des fidèles de l'ancien président Jiang Zemin. Le chef du parti unique, à mi-parcours d'un mandat a priori fixé à dix ans, se retrouvera avec une équipe plus loyale.

Les spéculations circulent

Dans ce théâtre d'ombres, le suspense reste sur le dosage de la nouvelle direction. Il sera levé à la fin du congrès, lorsque le Comité permanent rajeuni viendra parader au complet sous les flashs et les caméras. C'est le seul vrai spectacle d'un conclave conduit en secret et sous haute sécurité. Les spéculations, alimentées par l'une ou l'autre faction, circulent depuis des mois. Mais, preuve de l'opacité du système, nul ne sait encore combien ils seront lorsque le rideau sera levé dimanche prochain. Depuis 1956 et la rupture avec Moscou, aucun étranger n'a assisté au congrès.

Pour les experts en « pékinologie », la galerie de portraits permettra d'évaluer les compromis byzantins que Hu Jintao a acceptés pour asseoir son autorité. Chef du parti, de l'État et de l'armée, il est le premier des successeurs de Mao à n'avoir pas participé à la prise de pouvoir. En 1949, il n'avait que six ans. À 64 ans aujourd'hui, il n'a ni l'autorité naturelle d'un Deng Xiaoping, ni la protection rassurante d'un « patriarche » comme son prédécesseur Jiang Zemin. Les systèmes autoritaires sont fragiles quand se profile la succession. Hu avait été choisi comme dauphin dès 1992, dix ans avant d'atteindre le sommet. À cinq ans de sa retraite supposée, il n'a pas désigné de successeur. Le congrès devrait en pousser deux, ou plus. Le parti pourrait présenter cette prudence, ou cette indécision, comme une avancée de sa « démocratie interne ».

L'incertitude risque surtout de se prolonger sur la voie qu'empruntera la troisième économie mondiale dans les années qui viennent. Au-delà des slogans, ni Hu Jintao ni aucun des aspirants n'ont de politique claire, ni de programme affiché. Le parti a renforcé son emprise sur l'État et les entreprises, privées comme publiques. Mais en dépit de pieuses promesses aux étrangers, rien n'est venu altérer un modèle économique fondé sur l'exportation à tous crins, ni un système politique qui refuse tout contre-pouvoir. Sous le leitmotiv confucéen de « l'harmonie », le congrès a été précédé des rituelles assignations à résidence, rafles et autres passages à tabac dans les cercles dissidents.

Une diplomatie plus lisse

Il sera peut-être aussi vain de chercher au congrès un cap rafraîchissant en politique étrangère. À l'image de Hu Jintao, la diplomatie chinoise est devenue plus lisse. La proximité des Jeux olympiques, vitrine pékinoise de la réussite, justifie d'énormes efforts d'image, comme au Darfour, avec la Corée du Nord nucléaire et même avec les généraux birmans. L'échéance d'août 2008 passée, la Chine pourrait sombrer à nouveau dans le profil bas et l'indifférence à ses responsabilités de grande puissance. Qu'il s'agisse de la valeur du yuan, du réchauffement climatique ou du contrôle de la prolifération nucléaire, comme en Iran.

Les Chinois, soigneusement tenus à l'écart d'un Palais du peuple transformé en forteresse, ont leurs propres interrogations. S'il a les mains libres, Hu Jintao va-t-il révéler enfin son vrai visage ? Depuis cinq ans, le discours s'est gauchi, jusqu'au populisme. Mais les inégalités se creusent toujours, la corruption gangrène tous les étages de la société, et la pollution empoisonne les villes comme les campagnes. Le pire serait qu'à la prudence consensuelle de Hu Jintao dans sa conquête du pouvoir succède presque immédiatement la paralysie d'une direction déchirée en vue de la succession.
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