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REUNION: NASSIIMAH dindar

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REUNION: NASSIIMAH dindar

Message par Maadabass le Jeu 14 Nov - 22:32

Nassimah Dindar plaide pour une véritable intégration régionale


Par E.T.
Mardi 15 Octobre 2013 à 22:32:12


Dans une lettre ouverte adressée au Ministre des Outremer, Nasiimah Dindar, présidente du Conseil général de la Réunion, regrette la perte d'influence de la France dans l'océan Indien et propose une véritable feuille de route pour une véritable intégration régionale.

“Il y a nécessité pour la France et pour l’Europe de mener une politique nouvelledans le sud-ouest de l’océan Indien”
© CG 974


La présidente du Conseil général de la Réunion n'approuve pas la politique menée dans l'océan Indien et elle l'a fait savoir en adressant une lettre ouverte au ministre des Outremer, Victorin Lurel qui va arriver à la fin de la semaine pour une visite à Mayotte et à la Réunion où il assistera à la réunion des présidents de régions ultrapériphériques de l'Union européenne et de la Conférence de coopération régionale de l'océan Indien. Elle tient donc à attirer son attention sur «les insuffisances et les contradictions des politiques menées par la France et par l’Union européenne dans l’océan Indien».
Nasiimah Dindar dresse un portrait de cette région qui va «de Djibouti à l’Afrique du Sud» et où vivent 185 millions d'habitants où la France est très présente, que ce soit par les territoires qu'elle administre, Réunion, Mayotte et îles éparses ou par les pays qui partagent la même langue. Elle regrette cependant de voir l'influence de la France reculer au profit d'autres puissances, «notamment la Chine». Elle ajoute que «La France et l’Europe sont absentes des grands investissements miniers à Madagascar, perdent des parts de marché aussi bien dans les îles que dans les pays de la côte africaine».
La présidente du Conseil général de la Réunion aimerait donc voir se développer une «politique globale» s'appuyant sur les îles françaises, donc européennes, de la Réunion et de Mayotte qui se trouvent «en butte à de graves problèmes de développement». Constatant que l'Etat y est «éclaté et cloisonné», Nassimah Dindar souhaiterait voir se «développer de façon coordonnée» une «France de l’océan Indien» qui s'appuierait sur la Réunion, Mayotte et les Terres Australes.
Mieux insérer ces territoires dans leur environnement géographique permettrait de «rechercher à l’international de nouveaux relais de croissance et de création d’emplois». Un paradoxe est relevé par la présidente réunionnaise. Alors que la France possède le deuxième domaine maritime mondial dont 2,7 millions de kilomètres carrés dans l'océan Indien, elle «a une balance commerciale en produits halieutiques déficitaire». «L’océan Indien représente un quart des captures de sa flotte de pêche, tous poissons confondus dont 62 % des prises de thonidés». Les possibilités de développement sont pour elle «considérables» rappelant au passage une des conclusions du Grenelle de la mer: «la mise en valeur de cet espace maritime est une nécessité pour la France de l’océan Indien, ses pays voisins, l’ensemble de la France et l’Europe».
Pour une ''Communauté de l'océan Indien''
Revenant à la politique européenne de "grand voisinage", évoquée depuis 2004, Nasiimah Dindar estime que les pays de la COI (Commission de l’océan Indien) doivent «aller vers plus d’intégration et constituer une "Communauté de l’océan Indien"». Cela passe, selon elle, par l'adhésion de la France aux différentes organisations d’intégration régionale de l’océan Indien. Parvenir à devenir membre du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) et de l’IOR-ARC ( Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation) «serait une grande victoire diplomatique pour notre pays» qui n'est pour l'heure que membre observateur.
La présidente de la Réunion n'omet pas d'évoquer les relations tumultueuses entre la Mayotte et l'Union des Comores qui pourraient être apaisées «par la coopération et le co-développement» des autres îles de l'archipel. «Ce serait un moyen de stabiliser la région, de maîtriser l’immigration clandestine à Mayotte et d’atténuer la revendication de Mayotte par l’État comorien qui nous met en difficulté au plan international». Le contentieux entre Mayotte -donc la France- et l'Union des Comores va en effet bien au-delà de l'archipel. C'est lui qui bloque la participation de la France aux organisations africaines et à ce jour, Mayotte n'existe toujours pas pour la COI.
Enfin, Nasiimah Dindar fustige la Conférence de coopération régionale des 16 et 17 octobre qui «se présente comme une réunion rituelle prévue par les textes et, année après année, ne constitue qu’un exercice formel et obligé, ne débouchant presque jamais sur des réalisations concrètes» ne laissant que « peu de place aux collectivités qui constituent la France de l’océan Indien et apparaît comme une manifestation de la France dans l’océan Indien, dans le prolongement de la colonisation et de l’impérialisme». «C’est dans cet esprit d’un autre âge que le choix de l’État pour le poste d’ambassadeur chargé de la coopération dans l’océan Indien s’est porté sur une personne originaire de la France métropolitaine et non de la France de l’océan Indien», rejoignant une revendication souvent entendue autant à la Réunion qu'à Mayotte.
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