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MADAGASCAR: habitants meurtriers

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MADAGASCAR: habitants meurtriers

Message par Maadabass le Jeu 14 Nov - 22:11

De la rumeur au meurtre collectif

Mercredi 9 Octobre 2013 à 00:12:17

Il ne faudrait pas céder à la facilité de mettre sur le compte d'un coup de ''folie populaire'' les lynchages de Nosy Bé. Pas plus qu'il ne faut les mettre sur le compte de la xénophobie. Ce fait divers tragique a des causes parfaitement identifiables.

En septembre 2012, des villageois s'étaient déjà fait justice contre les voleurs de zébus
© D.R.


Si les lynchages de Nosy Bé ont eu un tel retentissement, c'est parce que deux touristes étrangers en ont été victimes. Depuis la presse malgache s'est d'ailleurs fait écho de nombreuses réactions pour protester contre ce traitement particulier qu'elle attribue en partie à la réaction de la justice française qui a lancée une enquête. Le quotidien La Nation constate d'ailleurs qu'«aucune investigation n’est menée jusqu’à présent sur la véracité ou non de l’affaire de trafic d’organe» à l'origine de cette affaire.
Les lynchages sont devenus une pratique presque fréquente à Madagascar depuis quelques années, à mesure que les Malgaches perdent toute confiance dans leur police et leur justice. A Nosy Bé, le facteur déclencheur est venu des autorités policières qui « ont commis l'irréparable en prenant cette affaire à la légère» comme l'a reconnu le général de brigade Guy Bobin Randriamaro. Pourtant, il y a un précédent récent. Le 4 septembre, le commissariat de Police d’Ambilobe, à une centaine de kilomètres sur la route menant de Nosy Bé à Diego Suarez, a été envahi et incendié par des manifestants. Plusieurs individus soupçonnés d'être les auteurs de nombreux méfaits étaient détenus au commissariat pour y être entendus. Des rumeurs ont circulé laissant entendre qu’ils allaient être libérés suite à des ''interventions'', une pratique courante à Madagascar où les dessous de table règlent plus de contentieux que les tribunaux. Il n'en fallait pas plus à une foule exaspérée qui a, dans un premier temps, pris d’assaut le commissariat de Police pour le saccager avant de mettre le feu à l’immeuble et aux véhicules garés dans les parages. Elle s'est ensuite emparé d'un des bandits pour le lyncher le laissant pour mort, selon le récit de la Tribune de Madagascar le lendemain des faits.

Tout le village regarde les cadavres de présumés dahalo dans le sud en septembre 2012 (D.R.)
 
La justice populaire : presque une tradition
Un système judiciaire informel organisé par les communautés et appelé "dina" est utilisé de longue date dans certains milieux ruraux pour résoudre des litiges civils entre villageois sur des problèmes tels que le vol de zébus. Dans le passé, ces dina pouvaient aller jusqu'à condamner le suspect à la décapitation, mais plus récemment, les condamnés étaient surtout exilés hors du district où le crime avait eu lieu. « Dans certains cas, des citoyens se sont sentis investis de pouvoir par les Dina pour commettre des lynchages ou participer dans d’autres formes de justice collective contre des individus soupçonnés d’être des criminels, surtout au vu de l’absence grandissante de l’état de droit sous ce gouvernement de fait » décrit un rapport sur les droits de l'homme à Madagascar disponible sur le site de l'Ambassade des Etats-Unis à Antananarivo.
Au cours du week-end du 31 août 2012, plus d’une centaine d’individus supposés être des dahalo ont été lynchés dans deux villages dans le sud de la Région Betroka. Les autorités du régime ont justifié le lynchage en disant que les villageois étaient en « légitime défense » face aux vols de bovidés et à l’insécurité. En ne dénonçant pas un tel manquement au droit constitutionnel, elles accordaient de fait un blanc seing à la justice populaire. Sur les photos de ce lynchage, on peut d'ailleurs voir plusieurs personnes en uniforme contemplant la scène sans intervenir. Amnesty International avait d'ailleurs protesté contre cette justice expéditive et le laxisme des autorités.
La police elle-même participe à cette désagrégation du système judiciaire dont même les magistrats peuvent faire les frais. « Le Premier substitut du tribunal de Première instance de Toliara, Rehavana Michel, est décédé ce vendredi 9 décembre des suites de brutalités policières » pouvait-on lire dans la Tribune du 10 décembre 2011. Des policiers, mécontents que l'un des leurs ait été embastillé à la prison de Tuléar au motif qu'il avait vendu des armes à des « bandits » avaient pris la prison de Tuléar d’assaut dans l'intention d'en extraire leur collègue. Le premier substitut était intervenu pour parlementer mais il avait lui-même été pris à parti, les pneus de son véhicule avaient été dégonflés avant que les assaillants s'en prennent à lui et le battent à mort.
 
Abus de faiblesse
Madagascar n'échappe pas à la règle : il n'y fait pas bon y être ''différent''. Et les deux victimes de la vindicte populaires semblaient particulièrement atypiques si l'on en croit le témoignage de Frédéric qui les a côtoyées. Madagascar, de même que d'autres destinations comme l'Inde, l'Afrique en général attire bon nombre de personnages ''exotiques'' sans que cela tourne au drame, fort heureusement. Les Malgaches sont donc habitués aux originaux et se contentent le plus souvent de s'en amuser.
En un quelconque autre endroit de Madagascar, la disparition d'un enfant et son corps rejeté par l'océan quelques jours plus tard n'auraient probablement pas reçus la même interprétation et la rumeur ne serait peut-être pas née. Mais nous sommes à Nosy Bé où la pédophilie fait presque partie du quotidien. Si le phénomène a été freiné après la diffusion d'un ''reportage'' sur TF1 consacré au tourisme sexuel début 2009 qui avait même fait se déplacer le Premier ministre, il n'a pas été stoppé pour autant. Certes, on ne voit plus guère de septuagénaires se pavaner aux terrasses des bars d'Hell-Ville ou d'Ambatoloaka accompagnés de gamines à peine pubères, mais ces pratiques perdurent à l'abri des regards et même si la culture malgache est assez souple, sa tolérance a cependant des limites.
Les brochures distribuées dans les avions et les affiches placardées dans les aéroports avertissent mais ne dissuadent pas. D'autant que, même sans que cela soit systématique, un étranger s'il y met les moyens arrivera souvent à se tirer d'un mauvais pas et saura éviter la geôle. Cette place faite à la corruption irrite également la population malgache, lui laissant croire qu'un étranger arrivera toujours à s'en sortir. Même si ce ressenti est largement exagéré, des peines étant malgré tout régulièrement prononcées contre de tels agissements. Les Français inculpés doivent en plus rendre des comptes à la justice de leur pays à leur retour. Ne tombons pas dans l'angélisme : les familles sont parfois complices, l'argent récolté par cet étrange commerce nourrissant toute la famille. Une autre forme de l'abus de faiblesse.
En ajoutant à tout cela un système scolaire déficient, Nosy Bé réunit tous les ingrédients entrant dans la composition d'une bombe sociale comme celle qui vient d'exploser.
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Re: MADAGASCAR: habitants meurtriers

Message par Maadabass le Jeu 14 Nov - 22:26

Une participation record

Par E.T.
Dimanche 27 Octobre 2013 à 19:10:31

Le chiffre qui a le plus marqué les observateurs vendredi soir en fin de l'élection présidentielle malgache a été le taux de participation particulièrement élevé par rapport à ceux observés habituellement.


© Renaud Rianasoa Raharijaona


Le taux de participation à la présidentielle de vendredi s'élevait, selon un chiffre provisoire, à 57,23%. Dans certaines régions, il atteint même les 60% alors que d'ordinaire, pour des scrutins antérieurs, il peinait à atteindre les 40%. Une forte participation qui dénote la volonté des Malgaches de ''régulariser la situation'' et marque une fois de plus leur lassitude d'une situation de crise qui dure maintenant depuis quatre ans et demi.
Même si ce chiffre provisoire n'a été établi qu'à partir des résultats de 2.662 bureaux de vote sur 20.001, il a été validé par la Cenit-T (commission électorale nationale et indépendante de la Transition) et donne une tendance crédible puisque définie par comparaison avec les chiffres obtenus dans les mêmes bureaux pour des scrutins antérieurs. Sur 155.713 électeurs inscrits sur les listes électorales, 85.422 se sont exprimés alors que 4.829 bulletins étaient invalides et donc comptés comme nuls . Cette proportion relativement importante de bulletins nuls (plus de 5%) s'explique en partie par la complexité du bulletin unique d'un format A3 (21cm x 30).
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Re: MADAGASCAR: habitants meurtriers

Message par Maadabass le Jeu 14 Nov - 22:28

D'où vient l'argent des campagnes électorales ?

Par [url=http://www.malango-actualite.fr/auteurs/Florent Vignon.htm]Florent Vignon [/url]
Lundi 28 Octobre 2013 à 01:46:18


Les ressources des candidats à l'élection présidentielle malgache semblent intarissables avec des budgets qui se comptent parfois en million de dollars. Mais d'où vient tout cet argent dans un pays à l'économie moribonde ?

L'opacité du financement des campagnes électorales fait s'interroger la communauté internationale
© Comité de campagne de Hery Rajaonarimampianina


Cela fait plusieurs mois que la question voyage discrètement d'un média à l'autre à Madagascar. Cette campagne de communication est sans doute la plus agressive que Madagascar ait connue depuis l’indépendance. L'affaire des 4 x4 du candidat Camille Vital donnera l'occasion au service des renseignements financiers de lancer une enquête sur les origines du financement de l’achat de ces 350 véhicules et du cargo amenant des centaines de milliers de T-shirts aux couleurs du candidat amènera à se poser quelques questions, sans réponse jusqu’à ce jour. Les nombreux et coûteux déplacement en hélicoptère des candidats pour aller d'un meeting à l'autre posent aussi question. Plusieurs de ces engins ont été loués à la Réunion et si l'entreprise de location n'a pas souhaité répondre à notre demande d'information, le tarif communément pratiqué peut atteindre 2.000 euros par heure de vol.
Il aura fallu attendre ce dimanche 27 octobre pour que la communauté internationale, qui finance en grande partie l'organisation des élections présidentielle et législatives, s'en émeuve. «Concernant le problème du coût des élections à Madagascar, ce que nous avons appris, c'est que le financement des candidats et des partis politiques est régi par la loi et c'est cette loi que tout le monde doit respecter», a estimé la chef de la mission de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe), Netumbo Nandi Ndaitwah, sans s'émouvoir davantage. Du côté de l'Union Européenne, principal financeur de l'élection, la chef de la mission Maria Munez est un peu plus circonspecte. «L'impossibilité d'établir une traçabilité de la provenance des fonds destinés aux activités électorales est un élément qui obscurcit la transparence nécessaire pour les campagnes électorales» a-t-elle déclaré à l'issue d'une conférence faisant suite à celle de la SADC. Cependant, ni l'une ni l'autre des deux institutions ne jugent que ce problème pourrait remettre en cause les résultats de ce scrutin jugé par ailleurs «Pacifique, libre, équitable et juste».
Comme l'a noté la chef de mission de la SADC, il existe bien une loi sur le financement des campagnes électorale. Elle oblige par exemple les candidats à ouvrir un compte bancaire affecté à leur campagne, mais, fait remarquer la Tribune de Madagascar, «elle est vague et non contraignante car aucune sanction n’est prévue à l’endroit de ceux qui ne l’observent pas». Seuls quatre formations politiques qui ont présenté des candidats à la présidentielle ont ouvert un compte bancaire, selon le Directeur général du Samifin (Service de renseignement financier). Il a cité le parti Ame (dont le candidat est Clément Ravalosaona), le parti Vert (dont le candidat est Saraha Rabearisoa Georget), le parti Enina (dont le candidat est Alain Djacoba Tehindrazanarivelo) et le parti MTS (dont le candidat est Roland Ratsiraka). Or, explique Jean-Claude Razaranaina, directeur général du Samifin «nous ne pouvons rien faire quand le fonds ne transite pas dans un compte bancaire».

En juin 2010, trois ministres, dont Camille Vital, alors Premier ministre, avaient fait le déplacement à Mutsamudu (Anjouan) dans une affaire de trafic de bois de rose (© KAY / Malango)
''L'affaire'' Camille Vital
Jusqu'à ce jour, un seul candidat a eu quelques déboires avec les services financiers, Camille Vital. Ancien premier ministre de Andry Rajoelina de décembre 2009 à octobre 2011, ancien ambassadeur à l'ONU à Genève, Camille Vital s'est lancé dans la course présidentielle malgache en avril. Fin septembre, 350 véhicules 4x4 sont bloqués dans le port de Toamasina (Tamatave) ainsi qu'un cargo contenant plusieurs centaines de milliers de t-shirts à son effigie. Les documents fournis éveillent la méfiance des douanes qui demandent des explications. Selon le candidat, il s'agit d'un « un don non remboursable et sans contrepartie » fait par un « ami » étranger convaincu de son programme fondé sur le rétablissement rapide de la sécurité dans le pays.
Quand les autorités lui demandent l'identité et la nationalité de cet « ami » étranger si généreux, Camille Vital demandent à ce que les autres candidats dévoilent eux-aussi l'origine des financements de leur campagne. Il assure que les fonds qu'il utilise ne viennent ni «de la Banque Centrale, ni de la Jirama, ni de l’Air Mad, ni des bois de rose, ni du Trésor public, ni de la BNI-Madagascar». La Tribune de Madagascar explique qu'il s'agit d'«entités soupçonnées être impliquées dans des manœuvres de financement des candidats».
Selon le directeur général du Samifin, il n’a reçu aucune information financière douteuse sur aucun des candidats. Les sociétés importatrices des moyens de propagande, dont les deux sociétés importatrices des véhicules 4x4 et des Tee-shirts, sont cependant suspectées d'avoir fait des déclarations douteuses.
A ce jour, Camille Vital est le seul à s'être trouvé inquiété par ce sujet, mais le financement des autres campagnes reste mystérieux, la plupart des candidats invoquant la solidarité familiale. Un candidat affirme ne disposer que de 50.000 dollars pour financer sa campagne. Un autre assure ne pas pouvoir dépasser les deux millions de dollars de dépenses pour sa campagne électorale. Début septembre, un autre a confié avoir déjà dépensé le million de dollars pour la précampagne alors que la campagne officielle n’avait même pas encore commencé !
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