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MAYOTTE: rentrée 2011

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MAYOTTE: rentrée 2011

Message par Maadabass le Mar 6 Sep - 16:54

Mayotte - Espoirs et désespoirs de la rentrée 2011


Par Annette Lafond

Dimanche 4 Septembre 2011 à
09:08:42
-
Education


Les écoles mahoraises accueillent cette année 3 696 élèves
de plus que l’année dernière, soit 85 202 au total. Les créations de
classes et de filières ne compensent toujours pas les problématiques
mahoraises






Mario Lefebvre (Chef du Service d'information et
d'orientation), François-Marie Perrin (Vice-Recteur), Marie-Christine
Apocale (Secrétaire Générale), Bruno Wils (Directeur de Cabinet)
présentent les nouveautés de cette rentrée
Crédit photo : A.L./Malango

Si les effectifs n’augmentent que de 2% en
maternelle et primaire, c’est dans le secondaire que
l’accroissement se fait le plus sentir : +8%.


Le rythme des constructions scolaires a bien sûr du
mal à suivre, ainsi que l’avait exprimé
de manière plus imagée, le vice-recteur François-Marie
Perrin… Néanmoins, un 10ème lycée permet d’accueillir à
Dembéni 600 élèves dès cette rentrée, avec à terme une capacité
de 1200 à 1500 élèves. Structure qui permet ainsi d’alléger
considérablement les lycées voisins, comme celui de Mamoudzou,
rebaptisé en cours d’année dernière Younoussa
Bamana, du nom de l’illustre prédécesseur de Daniel
Zaïdani à la tête de la Collectivité : « nous
comptons 70 classes cette année, dont 28 terminales, 19 classes de
première et 23 secondes
» explique Goulam Maleck, le
proviseur d’un lycée toujours pourvu de salles de classes
modulaires, à la chaleur étouffante en saison chaude, utilisées
pour palier le manque de salles. « Nous fermons l’internat,
devenu inutile face aux créations de plusieurs lycées sur l’île
dont celui de Dembéni, ce qui nous permet de créer des classes
supplémentaires
».

Des extensions qui sont réalisées dans d’autres
établissements qui deviennent peu à peu des pieuvres aux longs
tentacules, comme les collèges de Labattoir, de Kawéni 1, de
Doujani ou les lycées de Dzoumogné, de Kahani ou du Nord. De
nouveaux postes de professeurs sont créés, 244 au total, dont 100
pour le 1er degré et 140 pour le second degré, ainsi qu’un poste
d’Inspecteur de l’Education nationale, un médecin, un infirmier
et un d’assistant social des personnels.

Le vice-recteur l’avait annoncé : les
classes Préprofessionnelles de formations (PPF) ne sont plus
adaptées à Mayotte et sont donc peu à peu fermées (19 divisions
supprimées cette année) et les élèves sont incorporés dans des
collèges, d’enseignement général ou professionnel. Quatre
Sections d’enseignement général et Professionnel adapté (SEGPA)
sont créés, ainsi que 12 divisions SEGPA ce qui permettra de suivre
d’une scolarité complète de la 6e à la 3e aux collèges de
Dembéni, Kawéni et Tsingoni avec des ateliers correspondants
(Hygiène-alimentation-services, Habitat-bâtiment, Peinture en
bâtiment, Vente-distribution-magasinage). Afin que le handicap ne
soit plus un frein à la scolarisation, trois Unités locale pour
l’Inclusion scolaire (ULIS) sont installées dans le second degré
(Kani-Kéli, M’tsamboro et Doujani), ainsi que 7 nouvelles CLIS
(Classe locale pour l’inclusion scolaire) dans le 1er degré.
Le lycée Younoussa Bamana lors de la rentrée des 23 classes de seconde

Un niveau scolaire toujours trop bas


La carte des formations proposées à Mayotte
s’élargit avec 7 spécialités nouvelles de CAP et de BAC Pro (110
places supplémentaires) : création des CAP « Maintenance et
hygiène des locaux » (Petite-Terre), « Charpentier de marine » et
« Plâtrier et plaquiste » (Chirongui), création des baccalauréats
professionnels « Aménagement, finitions », « Artisanat et métiers
d’arts, option communication graphique » (Chirongui), ainsi que
d’une mention complémentaire « Cuisinier en desserts de
restaurant », création d’une classe de mise à niveau
préparatoire au BTS « Hôtellerie-Restauration » au lycée
professionnel de Kawéni.

Enfin, cinq formations sont proposées dans
l’enseignement supérieur : licence de Lettres modernes, de
Géographie, de Maths-Informatique-Physique, de
Biologie-Géologie-Chimie, d’Economie-Gestion. Enseignement
supérieur où 209 étudiants sont inscrits, ce qui est peu, alors et
que c’est un domaine à développer pour contrer l’échec que
traversent une majorité d’étudiants mahorais en métropole pour
différentes causes, d’un décalage de culture, à celui de
niveaux, en passant par l’écart de climat ou l’éloignement
familial. C’est pourquoi le Centre Universitaire de Formation et de
Recherche est très attendu cette année.

La réforme des lycées se poursuit autour de
l’accompagnement personnalisé qui a pour but à Mayotte de
renforcer l’apprentissage du français : « outre les
aides méthodologiques, nous initions les élèves à le recherche en
CDI (Centre de documentation), et à la construction de leur projet
d’orientation
» signale Goulam Maleck. La réforme
prévoit également depuis l’année dernière un tutorat des élèves
par un professeur de leur choix, mais qui est peu demandé dans la
pratique nous signalait un enseignant.

Alors que François-Marie Perrin se réjouit d’un
système scolaire qui se rapproche de la métropole (c’était
également sa constatation, et notre titre de rentrée
en 2010…), le syndicat SNES de Yann
Durozad lui reproche son absence lors de la rentrée scolaire
mahoraise, pour cause de « conférence des recteurs »
à Paris, ainsi que l’utilisation de la référence « « métropole »
à laquelle nous préférons nettement celle de départementalisation
qui se réfère au droit commun, à l’égalité
», et
alors qu’il dénonce « l’absence de politique éducative à
Mayotte
».

Sans dénigrer les améliorations, création de
filières ou de scolarisation tournée vers le handicap, ou
extensions d’établissements, et si les problèmes de rotation
persistent « elles devraient être réglées d’ici 4 ans »
selon François-Marie Perrin, le piètre niveau scolaire de Mayotte
n’est toujours pas reconnu officiellement par le vice-rectorat qui
joue les autistes en la matière, alors que les syndicats avaient
dénoncé le passage forcé de la moitié des élèves en grande
difficulté en lycée d’enseignement général, faute de place en
lycées professionnels. Avec des frustrations à la clef : chez
ces élèves qui ont du mal à suivre, et chez les autres qui ne
reçoivent pas un enseignement à leur niveau.

L’allongement de la durée de scolarisation est
une avancée pour la jeunesse mahoraise, beaucoup d’autres sont
attendues.

A.L
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Maadabass
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