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MAYOTTE: papa de BAO va à sada

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MAYOTTE: papa de BAO va à sada

Message par Maadabass le Jeu 7 Juil - 23:28

Mayotte - Rencontre avec le papa de Bao

Par Annette Lafond
Mercredi 29 Juin 2011 à 19:07:44


Passionné de BD et de Mayotte, Vincent Liétar parle, avec son dernier album, de notre quotidien mahorais, en mettant l’accent sur son décalage avec nos « importations » métropolitaines. Avec beaucoup d’humour.

Impossible d’interviewer Vincent Liétar à la terrasse d’un café qui paraissait pourtant vide quelques secondes auparavant… notre table devient le passage obligé d’admirateurs du petit Bao. Il faut dire que 30 ans de présence à Mayotte ne peuvent que forger des amitiés. Mais pas que… Sa douloureuse séparation avec son ex-employeur la SIM, laisse des traces que nous n’évoquerons que rapidement pour focaliser sur le héros de nos lectures actuelles : Bao.

Ce drôle de petit bonhomme souriant, dont il a trouvé le nom lors d’un travail sur la construction traditionnelle de bangas, et qui traverse les saisons et les migrations de mzungus en semant des commentaires, jamais agressifs et pleins d’à-propos du style « malgré le rattrapage (sur la métropole s’entend), on ne bénéficie pas de toutes les dernières trouvailles de pollutions en tous genres… c’est révoltant !!! ».

A l’origine : « une méthode de lecture, la première à Mayotte, pour les 10-12 ans qu’il fallait illustrer. Puis, j’ai voulu raconter Mayotte et, appuyé par Jean-Michel Treguer, directeur des Affaires culturelles à la Préfecture de Mayotte, devait sortir une petite série d’albums ». Et, 400 planches plus loin, sort un album de 110 pages, alors que les « classiques » comptent 46 pages : « En attendant le département », titre qui rappelle le « En attendant Godot » de Beckett, mais à travers lequel Vincent Liétar insiste : « on ne peut tout attendre de la départementalisation ». Aucune planche n’est signée : « elle sont destinées à être diffusées, par à être mises sous-verre ! ».

Tiré à 4000 exemplaires, la BD se vend plutôt bien, incontournable cadeau de départ des « sortant » de Mayotte. « Le Conseil général en a commandé 500 pour distribuer à la clientèle locale, mais aussi à des élus métropolitains. C’est important car la culture BD est quasiment inexistante sur l’île ».
« Que d’aberrations dans le collimateur de Bao ! »

Et la métropole va découvrir une île française avec ses bons et ses mauvais côtés, avec une politique trop occidentalisée mise en ½uvre, et avec, hélas, les mêmes erreurs commises dans les autres départements d’outre-mer comme ces Comités de pilotage, études d’impact ou missions d’études en tous genres qui mettent des mois et des mois pour souvent accoucher d’un grand vide, alors que pendant ce temps, des villages entiers de cases ont le temps de se construire, ou bien ce gendarme réjoui de pouvoir verbaliser aussi facilement les automobilistes : « 2001 sans code de la route… le bonheur de verbaliser à l’état brut ! Quelle mutation de rêve ! ».

On y trouve également une planche qui propose une alternative à la piste longue de l’aéroport…

Ses références d’enfance sont les nôtres : Tintin, Astérix et Gaston Lagaffe, « et j’aime beaucoup Goossens et Conrad qui mélangent humour et dérision dans une vision particulière du monde ». Il est également devenu l’ami de Tehem, dessinateur réunionnais : ne pas manquer sa voiture-dédicace en début d’album, image crue mais tellement vraie de l’efficacité de la coopération régionale.

Architecte de métier, c’est souvent à travers le prisme de l’habitat que Vincent Liétar capte les évolutions sociétales : « lorsque je suis arrivé en 1981, les différences entre riches et pauvres étaient moins flagrantes car l’entraide était beaucoup plus forte. On ne pouvait pas parler de bidonvilles contrairement à maintenant car il y avait un réseau social, qui disparaît peu à peu. Nous savions répondre à la problématique de l’habitat avec un seul produit. Aujourd’hui, il faut diversifier en fonction du type d’accession. Il y a de plus en plus de réglementation, on est de plus en plus exigeant, mais parallèlement, la qualité de vie diminue et dans certains endroits, c’est la misère. Il faut revenir à des actions de quartiers ».

Mais il reste, à l’image de Bao, un éternel optimiste.

A.L.
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