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AFRIK DU SUD! mové tretemen d étrangé

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AFRIK DU SUD! mové tretemen d étrangé

Message par Maadabass le Ven 11 Avr - 20:15

La tradition d'hospitalité mise à mal en Afrique du Sud


Jeudi 10 Avril 2008-
18:13:07
-

Les récentes agressions dont ont été victimes des migrants
somaliens, zimbabwéens et mozambicains en Afrique du Sud ont été qualifiées de
xénophobes : mais ces agressions ne traduiraient-elles pas un problème bien plus
important que la simple peur de l'étranger, un problème bien plus national ?


<table cellpadding="5" cellspacing="5" width="100%"><tr><td align="right" valign="bottom">
Habitants du campement de Brazaville, fiers d'être
Sud-africains.
(Photo: Laura Lopez Gonzalez/PlusNews)
</td>
<td class="pointvertical" align="center" width="350"></td></tr></table>

Il y a moins d'un mois, trois hommes ont été tués au cours de
lynchages visant des ressortissants étrangers vivant dans les campements
sauvages de Brazzaville, Saulsville, Phomolong et Vergenoeg, à l'ouest de
Pretoria, la capitale sud-africaine.

Pendant que leurs boutiques et leurs domiciles
étaient pillés et incendiés, bon nombre des ces étrangers avaient trouvé refuge
au commissariat d'Atteridgeville, tout proche ; certains ont été conduits au
centre de rétention Lindela en vue d'une expulsion prochaine, et quelque 560
autres ont été hébergés dans une école de la région, selon Mantshela Tau,
porte-parole du ministère de l'Intérieur.

En raison de la reprise des classes, après les
vacances de Pâques, le reste du groupe, environ 150 personnes - dont 22 enfants
- a maintenant été transféré sur un vaste site vide de Pretoria, placé sous
haute sécurité. Entre-temps, aucune date n'a été fixée pour appliquer la
décision du ministre de l'Intérieur, Nosiviwe Mapisa-Nqakula et de Gwen
Ramokgopa, le maire de Pretoria, de réinstaller ces étrangers dans leurs
anciennes communautés, et d'organiser dans le même temps une série de réunions
communautaires pour désamorcer les tensions, a indiqué M. Tau.

Les attaques contre les étrangers sont loin
d'être un phénomène nouveau en Afrique du Sud. Mais selon Jack Redden,
porte-parole régional du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR), il y a eu une augmentation inquiétante du nombre de cas d'agression ces
derniers mois sans que l'on sache vraiment pourquoi.

« Nous avons
entendu parler d'une demi-douzaine d'incidents différents depuis fin janvier
», a expliqué M. Redden. « Ces
agressions sont de plus en plus ignobles et violentes
».
Concurrence malsaine



En collaboration avec le gouvernement, le HCR
mène depuis longtemps une campagne de « lutte
contre la xénophobie
» ; mais celle-ci ne semble pas avoir
particulièrement changé l'opinion de Tshepo Serala. Un mardi midi, alors qu'il
était assis au soleil avec des amis devant une petite boutique du campement de
Brazzaville où il vit, il a donné son avis sur les agressions.

« Ils prennent
nos emplois
», a-t-il dit pour justifier ces agressions. « En tant que Sud-africains, notre niveau d'instruction
est faible, alors que ces gens savent faire du commerce et que certains sont
instruits
».

« Je peux vous
dire qu'on est mieux sans eux
», a renchéri Sipho Seheri, qui vit dans le
campement voisin de Jessvillle.

« Ils étaient
impliqués dans de graves affaires de crime [...] Mais je peux aussi vous montrer
des étrangers qui travaillent sérieusement [qui ne commettent pas de crimes] et
qui vivent encore ici. C'est juste que la plupart d'entre eux commettent des
crimes
».
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Re: AFRIK DU SUD! mové tretemen d étrangé

Message par Maadabass le Ven 11 Avr - 20:16

Le taux de chômage élevé, estimé à environ 40
pour cent, la lenteur observée dans le déploiement des services dans le pays,
les agressions criminelles organisées par les commerçants autochtones rivaux
pour faire fermer les boutiques tenues par des étrangers, un chauvinisme malsain
inculqué par l'apartheid : tout a été envisagé pour expliquer cette animosité
envers les étrangers et la crainte qu'ont certains Sud-africains de ne pas
pouvoir accéder aux maigres ressources disponibles en raison de la concurrence.


Pendant plusieurs générations, l'Afrique du Sud a
attiré des travailleurs migrants de tous les pays de la région. A la fin du
régime de l'apartheid, en 1994, le nombre de migrants a considérablement
augmenté et le sentiment que les étrangers profitaient en quelque sorte du
système s'est également développé, même si les avantages économiques de la
migration, en termes de partage des compétences, de création d'emplois et de
transactions commerciales sont vantés par le gouvernement.

Pour le docteur Asa August Ngwezi, un psychologue
clinicien qui dirige une organisation non-gouvernementale (ONG) locale à
Atteridgeville et a offert un soutien psychologique aux victimes de ce type
d'agressions, cette violence est un mélange de désespoir et d'ignorance, surtout
chez les jeunes Sud-africains.

« Je travaille
tous les jours avec des gens, des jeunes, qui sont désespérés d'avoir faim et
d'être au chômage. Ils ne font plus confiance aux dirigeants du pays, à la
police et aux autorités locales
», a-t-il dit. « Vous entrez dans la boutique d'un étranger, elle
regorge de vivres ; vous avez faim, vous êtes sans le sou, que se passe-t-il ?
L'effet de meute
».

« [Ces
agressions] ne sont pas perpétrées par des personnes âgées, mais par des jeunes
gens
», a commenté M. Ngwezi. « Nous
n'aurions pas pu avoir notre liberté s'il n'y avait pas eu des Mugabe, des
Machel et des Kaunda. Leurs actions ont conduit à notre émancipation, mais en
Afrique du Sud - et je n'ai pas peur de le dire - la plupart des jeunes ne sont
pas mûrs politiquement
».

Peu après les agressions, des représentants de la
Commission sud-africaine des droits humains (CSADH), un organe statutaire chargé
de veiller au respect des droits humains, se sont rendus à Atteridgeville et ont
recommandé aux autorités sud-africaines de ratifier la Convention internationale
relative à la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leurs familles.

La ratification de la Convention devrait
permettre d'assurer davantage d'équité en termes d'accès à l'emploi et aux
ressources, a expliqué Vincent Moaga, porte-parole de la CSADH.

« Certains
ressortissants étrangers travaillent actuellement dans des plantations du
Limpopo [nord] pour un salaire de misère et dans de mauvaises conditions

», a-t-il indiqué. « En l'absence de cadre
juridique permettant d'assurer leur protection, ils travaillent pour rien

».

Si le système de protection juridique était
étendu aux ressortissants étrangers et si l'on obligeait les employeurs à payer
les mêmes salaires aux étrangers qu'aux nationaux, les travailleurs migrants
cesseraient de court-circuiter les travailleurs sud-africains.

« Les
populations locales se sentiraient alors moins frustrées parce qu'elles seraient
traitées sur un pied d'égalité
», a fait remarquer M. Moaga.
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