MAYOTTE: LE FORUM DES MAHORAIS d'içi et d'ailleurs
NA MOU KARIBU

MAYOTTE Politique

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MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Mer 19 Mar - 0:03

Rappel du premier message :

Lundi 17 Mars 2008



Mis à part Saïd Omar Oili réélu dès le 1er tour dimanche 9
mars, tous les ténors du Conseil général sont tombés dimanche 16 mars lors du
2nd tour des élections cantonales. Mansour Kamardine, Maoulida Soula,
Chihabouddine Ben Youssouf et Bacar Ali Boto n'ont pas été réélus. Le point
canton par canton.
Mansour Kamardine ne siègera
plus au Conseil général. Après sa défaite à Sada hier, l'ancien député ne compte
plus aucune mandat électoral.


Dernière édition par vahibenien le Mar 11 Déc - 0:35, édité 2 fois
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Mar 4 Oct - 20:47

Mayotte - Elus attendent activement Revenu de solidarité


Par Annette Lafond

Jeudi 8 Septembre 2011 à
17:37:19
-
Politique

Décrié en métropole car jugé éloigné de son but initial de
retour vers l’activité, le RSA est très attendu à Mayotte où le taux de
chômage de 50% nécessite une prise en charge sociale urgente. Les élus
attendent une réponse de l’Etat sur plusieurs points d’application,
notamment sur un RSA à 50% de la métropole.






Daniel Zaïdani et Sarah Mouhoussoune dans les locaux destinés à la mise en place du RSA
Crédit photo : A.L./Malango

D’un montant de 400 euros en métropole, et
annoncé à Mayotte pour le 1er janvier 2012 à 25% de ce
montant, soit 119 euros, le Revenu de Solidarité active est perçu
par les élus de la majorité du Conseil général comme un
dispositif « antisocial ». Pourquoi : les
calculs sont vite faits : « une personne seule et sans
enfant percevra 119 euros moins 14 euros de forfait logement, forfait
établi par la métropole alors qu’il n’est pas perçu ici, soit
un RSA de 105 euros
» calculait le président du Conseil
général Daniel
Zaïdani, qui poursuivait avec un couple sans travail avec un
enfant à charge : 121 euros, ou une personne seule avec un
revenu d’activité de 200 euros recevra, elle, 29 euros, « car
au delà d’un revenu de 300 euros, on sort du dispositif
».

Mais pour Ibrahim
Aboubacar, 1er vice-président en charge des finances,
l’injustice est surtout dans l’inégalité de traitement de
Mayotte au regard de ce qui s’est passé ailleurs dans
l’Outre-mer : « lorsque le Revenu minimum d’insertion
(RMI) a été appliqué dans les DOM, l’écart entre son montant
et le RMI métropole était compensé par une somme déployée dans
l’activité économique
». Appelée « créance
de proratisation
», cette somme servait dans certains DOM à
financer les actions d'insertion
des allocataires du RMI et le logement social par abondement des
crédits budgétaires correspondants.
« A
Mayotte, nous avons eu 10 millions d’euros dans le Fonds de
Mahorais de Développement au lieu des 90 millions attendus ! Ce
n’est pas avec ça que nous allons construire un modèle de
développement économique non soumis à l’assistanat ! ».

" Le deal c'est développer l'activité pour éviter l'assistanat, mais
encore faut-il nous en donner les moyens..." déclarent en c½ur Ibrahim
Aboubacar et Raos

« Un décret au pied du sapin de Noël ? »


Elus de la
majorité (l’opposition avait donné son accord pour un RSA à 25%)
qui attendent de savoir exactement quelle sauce va leur être
servie :
« nous avons demandé un
RSA à 50% car à Mayotte 1 personne sur 2 en âge de travailler est
au chômage. D’autre part, les modalités d’obtention en
métropole concernent les français de plus de 25 ans, ou les
étrangers possédant des cartes de séjour depuis plus de 5 ans.
Qu’en sera-t-il ici ? »
.
Les réponses seront données par un décret qui devrait sortir sous
peu…
« il faut espérer qu’il ne sorte
pas le 1
er décembre en
nous demandant une réponse dans les 10 jours avant promulgation au
Journal officiel fin décembre »

s’exclamait Ibrahim Aboubacar.


D’autant que
le décret prévoit le montant alloué à la Collectivité dans le
cadre du transfert de compétence, montant qui conditionnera l’emploi
des travailleurs sociaux et professionnels de l’insertion (150
personnes en tout) qui feront l’objet d’un recrutement externe.
Les autres agents seront redéployés en interne au sein du Conseil
général, soit 28 personnes entre les services administratifs et les
agents d’accueil qu’il faudra former.


Le RSA concernera 13.000 à 31.000 foyers et sera
couplé avec une politique d’action sociale des 5 centres existant
sur l’île.


La présence massive des Conseillers de la majorité,
6 sur 10, était destinée à montrer, comme le signalait Sarah
Mouhoussoune, que « nous tenons nos engagements, surtout
sur le plan de l’organisation administrative du dispositif :
locaux (ancien CNAM), personnel etc.
».

Un décret très attendu donc,
pas encore sorti selon la Préfecture, mais dont le texte circulerait
sous le manteau selon Daniel Zaïdani.

A.L.

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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Mar 4 Oct - 21:11

Mayotte - Etat des lieux de la direction des finances :
et l’Etat dans tout ça ?!...



Par Annette Lafond

Jeudi 8 Septembre 2011 à
16:56:14

Les difficultés habituelles de gestion sont pointées du
doigt dans un rapport qui suggère une plus grande participation de
l’Etat sur plusieurs postes.






Le financement du services d'Incendie pourrait relever en partie de l'État
Crédit photo : A.L./Malango

Le rapport sur les finances du
Conseil général qui avait été demandé au Centre national de la
Fonction publique territoriale (CNFPT) par le président Douchina,
a été présenté il y a 2 jours aux élus par l’inspecteur des
finances Yannick Marquet. Réalisé en mars 2011, donc avant le
changement de majorité, et à fortiori, avant l’élaboration du
Budget prévisionnel 2011, il donne les clefs du développement de
Mayotte.
Faire un état des lieux des pratiques financières
et de gestion dans la collectivité est l’objectif numéro 1 d’un
rapport écouté et, il faut l’espérer, entendu par l’ensemble
des conseillers généraux.

Après une analyse du contexte budgétaire de la
Collectivité sur lequel nous ne reviendrons pas car détaillé par
la Chambre
régionale des Comptes, Yannick Marquet a pointé du doigt les
dysfonctionnements, et ils sont nombreux, de la direction des
finances, avant d’en proposer des solutions.

Problème mis en avant tous les ans et déploré par
Daniel
Zaïdani : l’incertitude portant sur le nombre de factures
émises depuis plusieurs années, et non honorées, « faute
de crédits suffisants
». Un remède : la mise en
place d’une politique d’engagement comptable, toujours promise,
jamais établie. De toute manière, Yannick Marquet recommande « une
expertise financière et comptable par un cabinet qualifié
»,
alors que Daniel Zaïdani vient d’ouvrir les plis des réponses
d’appel d’offre sur un futur audit portant sur les finances, les
ressources humaines et l’aménagement.

Et cadeau du rapport, la suggestion que « la
gestion du FIP
(Fonds intercommunal de péréquation) soit prise en charge par
l’Etat comme c’est le cas en métropole
». Ce fonds est
ponctionné à 20% sur les recettes de la Collectivité pour financer
les communes, et a connu un accroissement de 86% entre 2008 et 2010
(chiffres rapport Marquet). Selon un élu, la ministre de l’Outre-mer
Marie-Luce
Penchard en aurait déjà convenu. Cette décision pourrait
intervenir l’année prochaine.

La situation financière dégradée, où la
trésorerie est réglée avec un prêt initialement destiné à
l’investissement…, devrait être suivie par une « task
force » (organisation temporaire) pour assurer le suivi
administratif de la convention de restructuration.

« Le budget alloué aux pompiers à plus
que triplé en 5 ans »



Tout cela ne servira à rien sans « une
formation des élus et cadres supérieurs à l’environnement
juridique d’une collectivité départementale, la construction du
budget et la sécurité financière
», entre autre… et
« le développement d’une culture de la recette ».

Le rapport conforte les préconisations de la
Chambre régionale des comptes : il faut ramener la masse
salariale à 86 M euros, alors que pour le président Zaïdani, il
n’en est pas question « au regard du fort taux de chômage
qui sévit à Mayotte. L’économie de 2M d’euros se fera
ailleurs !
».

Du côté des investissements tant attendus par
l’économie mahoraise, le Plan (Plan pluriannuel d’Investissement,
PPI) qui les détaillait n’est plus un outil de gestion :
« certaines études, très anciennes et pour lesquelles
aucun travaux n’est programmé
» doivent être rayées de
ce PPI.

Autre cadeau du rapport qui pointe l’accroissement
énorme des dépenses de Services d’Incendie et de Secours (SDIS,
les pompiers) qui bénéficiaient de 3 M d’euros en 2006, montant
qui atteint 11M d’euros en prévision pour 2011 : « le
financement de ce service me paraît devoir faire l’objet d’une
concertation avec l’Etat
» signale Yannick Marquet.

Quant à notre danseuse à nous, le Service des
transports maritime (STM), sa masse salariale représente 76% des
dépenses de fonctionnement ! Ainsi, « un audit sur
l’organisation du service public est programmé
»,
surtout que « le volume des tickets vendus n’est pas en
rapport avec l’augmentation du trafic, d’où la nécessité de
renforcer les moyens de contrôle
»…

En gros, si le Conseil général suit ces conseils
ainsi que les préconisations de la Chambre des comptes, entérinées
par le préfet, il devrait retrouver une crédibilité financière à
même de rassurer les banques et l’Europe, et ainsi mettre sur pied
une politique d’investissement dont Mayotte à tant besoin.

A.L.
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Jeu 6 Oct - 21:59

Mayotte - Zaïdani et Abdillah en ballotage favorable… !


Par Annette Lafond

Vendredi 16 Septembre 2011 à
07:28:47


Une salle du Tribunal administrative anormalement remplie
ce matin, et pour cause : on y jugeait notamment deux plaintes dans le
but d’invalider deux élections cantonales, celle de Pamandzi où avait
été élu avec 4 voix d’avance Daniel Zaïdani, président du Conseil
général, et celle de Bandraboua, qui avait vu la victoire du socialiste
d’opposition, Issiaka Abdillah.






Les deux avocats opposés sur l'élection de Bandraboua
Crédit photo : A.L./Malango

Zoubert Mze Mouhamadi, directeur de campagne du
candidat malheureux Ousseni Maandhui (Sans étiquette) avait déposé
plainte contre Daniel Zaïdani, mais refuse de venir à la barre…
« C’est son droit ! » soulignera le
président Louis. Le président du Conseil général, absent de la
salle d’audience, était représenté par maitre Laurent de Caunes,
avocat au barreau de Toulouse qui considérait l’action du
plaignant « comme un secours et non un recours »,
arguant le fait que les accusations n’étaient pas prouvées :
« tels le soit disant comportement destiné à fausser la
nature du scrutin dans le bureau de vote 72
» (présence
d’une voiture qui aurait transporté des électeurs favorables à
Daniel Zaïdani, dont la photo était affichée sur la voiture, ndlr)
ou le problèmes liés aux procurations « alors que les
personnes dont les procurations sont arrivées en retard n’ont pas
voté
».


Le n½ud central est l’établissement des listes
électorales, puisque plusieurs noms ont été changés lors de la
révision de l’état civil à Mayotte. Mais selon l’avocat,
« aucune man½uvre n’est imputable au candidat élu ! »,
ainsi démontait-il les autres points litigieux comme une
« discordance de signature entre le 1er et le second tour
mais qui n’est pas prouvée
», ou la différence d’une
voix entre émargement et comptage de bulletins, « écart
qui ne porte que sur une seule voix
», la différence entre
les deux candidats étant de 4 voix. Avocat qui conclut sur une
plainte conséquente d’un scrutin tendu, à l’enjeu politique
important .

Madame Encontre, rapporteur public (*), nouvelle
appellation pour « commissaire du gouvernement »,
lui donnait raison, dénonçant « le manque de preuves sur
les accusations de bulletins pré remplis
» ou
« d’électeurs qui auraient voté dans deux cantons »,
concluant sur l’absence d’insincérité du scrutin.


Le délibéré devrait être rendu dans quelques
jours.
Laurent de Caunes, avocat de Daniel Zaïdani, n'envisage pas d'invalidation

« Des man½uvres qui avait valu
l’inéligibilité à Serge Dassault… »



Seconde élection à être remise en cause : la
cantonale de Bandraboua où M’Hamadi Abdou, « Alain »,
ancien 1er vice président du Conseil général, déposait plainte
contre Issihaka Abdillah, qui l’avait emporté de 90 voix. De
graves accusations sont lancées. Maitre Benoit Jiorion, avocat
parisien d’Alain, allait en effet s’employer à épingler
certaines pratiques locales : « dans la plupart des
communes de France, ce sont les électeurs qui choisissent les élus.
A Bandraboua, ce sont les élus qui choisissent les électeurs !
».
Dénonçant des man½uvres, dans la composition des listes
électorales tout d’abord : « 121 électeurs qui
pensaient mal ont été radiés et sans en avoir été
prévenus ! Ils n’ont ainsi pas pu voter
». En
outre, l’avocat a établi une liste de 306 personnes qui ne
devraient pas figurer sur les listes électorales du canton. Les
procurations étaient également dénoncées : « 460
procurations soit 20% des électeurs exprimés, et dont 300 font
partie des inscrits à tort sur les listes…
».

Et là encore, plusieurs signatures, 67 en tout, ne
sont pas les mêmes du 1er au second tour !

Autre man½uvre, selon l’avocat, « celle
d’une publicité à coup de 67.000 euros pour le SMIAM (Syndicat
mixte d’investissement pour l’aménagement de Mayotte) dont
Issihaka Abdillah était le président, ce qui concourt à la
propagande du candidat
». Somme que l’avocat qualifiait
par ailleurs d’ « importante pour un canton comme
Bandraboua
».

Mais le plus grave est l’accusation d’achat de
votes : « un grand nombre d’électeurs ont reçu de
l’argent en échange d’un engagement à voter pour Issihaka
Abdillah : de 25 ¤ à 200 ¤
». Et l’avocat
d’exhiber 8 attestations d’électeurs, « qui ne sont
qu’une toute petite partie de la réalité
», et
électeurs qui « ont été menacés et ont déposé plainte
pour subornation de témoins
». Il y a eu un précédent en
France, à Corbeil Essonne en 2009, « où 4 achats de voix,
dans une commune plus importante que Bandraboua, a suffi pour annuler
les élections
», et où le maire UMP Serge Dassault avait
été déclaré inéligible pour un an. D’autre part, « ces
achats de vote n’apparaissent pas dans les comptes du candidat ce
qui devrait les invalider
».

Maitre Saidal défendait Issihaka Abdillah et
jugeait les arguments basés sur des extrapolations, n’entrant pas
dans les détails puisqu’au tribunal administratif la procédure se
passe essentiellement par l'échange d'arguments écrit.

Le président Louis demandait à l’accusation s’il
remettait en cause la commission qui établit des listes électorales,
et si les électeurs radiés à tort s’étaient plaints. « Avertis
bien tard, ils n’en ont pas eu le temps, mais j’admets qu’il
n’y a pas eu de protestations écrites
» concédait Me
Jiorion.

Le rapporteur public donnait
là encore un avis favorable à la défense, soulignant que les
électeurs radiés avaient été prévenus et que les deux candidats
avaient l’un et l’autre échangé des tracts diffamatoires.
Confirmant la non concordance de signature, Mme Encontre n’en
relevait que 21, « soit moins que l’écart de 90 voix
entre les deux électeurs
». Enfin, « l’achat de
8 votes n’est pas prouvé
», considérant ces griefs
« non de nature à annuler une élection ».


L’avocat rappelait l’existence de 8
attestations, « précises dans leurs contenus »,
alors que pour Me Saidal, « ces personnes ont été forcées
de témoigner
».


Verdict dans quelques jours.

A.L.

(*) Le rapporteur public présente oralement ses
conclusions aux juges et propose en toute indépendance la solution
qui lui paraît la plus appropriée au litige.
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Jeu 6 Oct - 22:00

Mayotte - « 25 ans pour réévaluer le RSA, c’est inacceptable ! »

Par Annette Lafond

Mercredi 14 Septembre 2011 à
16:24:45




Claudy Lebreton s’exprimait à son arrivée à Mayotte où il
va passer deux jours, en arrivant de La Réunion où se tenait la
Commission Outre-mer de l’Assemblée des départements de France (ADF),
assemblée qu’il préside en plus de sa fonction de président du Conseil
général des Côtes d’Armor. Compte rendu des débats.






Claudy Lebreton compte bien accompagner Daniel Zaïdani dans l'évolution de Mayotte
Crédit photo : A.L./Malango

Les président des Conseils généraux de
Martinique, Guyane, Mayotte et la Réunion, la Guadeloupe étant
absente, se sont réunis à La Réunion en la présence de M. Claudy
Lebreton. Au centre des discussions menées par Nassimah Dindar
présidente du Conseil général de la Réunion et présidente de la
Commission outre-mer : la réforme des collectivités
territoriales qui devrait intervenir en 2014 et la réorganisation
des champs d'action du Conseil général et de la Région. En effet,
si la Guadeloupe et la Réunion ont décidé de conserver deux
collectivités, soit la région et le département, Mayotte, la
Guyane et la Martinique ont décidé de créer une Collectivité
unique, Mayotte étant le 1er département à avoir adopté cette
configuration.

A l’issue des 2 journées, une position commune a
été arrêtée par les présidents des Conseils généraux,
essentiellement centrée sur l’accompagnement des populations, afin
que « toute évolution permette au Département de continuer
à jouer son rôle de « verrou social de proximité » en
mesure de protéger nos concitoyens les plus fragiles, et qu'elle
soit accompagnée des moyens financiers nécessaires
»
ainsi que le souligne le texte signé par l’ensemble des
départements présents.

Les élus ont insisté sur la précarité de nos
départements d’outre-mer « 4 à 7 fois plus importante
que la moyenne nationale
», impliquant une dépense sociale
par habitant « jusqu'à deux fois supérieure à la moyenne
nationale
». Ce qui n’est pas le cas du Conseil général
de Mayotte dont la part alloué aux dépenses sociales n’atteint
que 6% du budget total, alors qu’elle est de 50 % dans d’autre
DOM. Mais c’est ce qui a poussé Daniel Zaïdani, président du
Conseil général de Mayotte à répéter qu’ « un
Revenu de Solidarité active (RSA) à 25%, avec une révision tous
les 5 ans sur 25 ans, risque par son faible montant, de provoquer un
exode de la population mahoraise vers l’île voisine de La
Réunion
». Les présidents se sont mis d’accord sur
« une fiscalité plus moderne et adaptée ».

La politique du logement dans les DOM a été
débattue, « car il faut favoriser l’accession »
signalait Daniel Zaïdani, raison d’être de Mayotte Habitat créée
à l’initiative notamment de François Mengin-Lecreulx, « mais
il faut changer les critères d’attribution des allocations
logement, un couple par exemple n’y ayant pas droit , et insister
pour que l’Etat prenne en charge les construction de logements
».

Claudy Lebreton compte profiter de son séjour
mahorais pour aborder les réformes financières qui vont toucher la
Collectivité, le Revenu de Solidarité active mais aussi le débat
public en cours en matière de rallongement de la piste d’aéroport :
« je pourrais ainsi organiser des rencontres entre Daniel
Zaïdani et les ministres concernés
».

Il inaugurera la Foire agricole demain jeudi au
terre-plein de M’Tsapere en compagnie du président du Conseil
général.

A.L.

(Source : Malango Actualité)
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Lun 17 Oct - 21:07

Mayotte – La CGPME dénonce le manque de concurrence et le ''vampirisme économique'

Par La rédaction

Mercredi 5 Octobre 2011 à
07:14:54

La CGPME (confédération générale des petites et moyennes
entreprises de Mayotte) donne sa vision sur les origines du conflit qui
agite Mayotte depuis deux semaines.






"éviter de monter la population contre les entreprises
qui souffrent autant qu’elle des problèmes structurels de l’économie de
l’Ile"
Crédit photo : E.T./Malango

La CGPME ne fait que constater les dégâts d’une
économie oligopolistique *



La situation qui se présente aujourd’hui à
Mayotte est le résultat d’une économie de marché sans
concurrence et organisée principalement par le marché.

Quand nous écoutons les syndicalistes, en tout cas
les consommateurs de Mayotte, nous comprenons qu’ils souhaitent à
ce que l’économie mahoraise soit davantage administrée par l’Etat
comme c’est déjà le cas pour certains biens et services tel que
le carburant. Or l’état ne peut pas se substituer au marché sur
tous les biens et services.

Il faut bien sûr plus de contrôle sur la formation
des prix pour éviter les abus liés aux cas de monopole et
oligopole.

Mais cela ne suffit pas !

Le problème de la vie chère à Mayotte est une
réalité que personne ne doit prendre à la légère. Ce sujet qui a
été soit disant traité lors des EGOM n’a été que légèrement
effleuré à notre avis et cela explique l’incompréhension
légitime des Mahorais qui n’ont vu aucun changement, bien au
contraire les prix n’ont cessé d’augmenter ou des prix qui
étaient déjà à des niveaux intenables ont juste été
momentanément gelés.

Traiter le problème de prix en baissant les taxes
douanières seules pour un panier de produits dits de premières
nécessités était un échec prévisible.

Baisser ou annuler les taxes de douane pour les
poulets surgelés, les produits dérivés du poulet surgelé, le riz,
l’huile de cuisine…(produits alimentaires de base) et espérer
que les prix dans les magasins allaient automatiquement baisser était
faire preuve de naïveté sans précèdent.

Comment voulez-vous que les prix des produits
alimentaires baissent lorsqu’en même temps :


  • Les prix des carburants et autres produits
    pétroliers ne cessent d’augmenter à Mayotte sans que cela ne
    choque aucune autorité ?
  • Le prix de l’électricité continue à
    augmenter ?
  • Les prix de location d’entrepôt, magasin,
    bureau sont intouchables ?
  • Les tarifs douaniers pour d’autres produits
    nécessaires pour les Mahorais ont augmenté (cas des véhicules,
    autres produits alimentaire, vêtement, meubles..) ?
  • Le prix du fret qu’il soit maritime qu’aérien
    ne cesse d’augmenter ?
  • Les normes draconiennes imposées aux produits
    importés à Mayotte obligent les importateurs à se fournir à des
    prix trop élevés,

Par ailleurs en fixant le panier des produits de
premiers nécessités, on avait peut-être oublié que les mahorais
ne se préoccupent pas seulement de Mabawas et de nourriture de base
; ils ont besoin de se déplacer, de vivre dans des maisons décentes,
de s’habiller proprement, d’envoyer leurs enfants à l’école
avec tous les frais que ça incombe, d’avoir un poste de télévision
et être ouverts au monde, de voyager de temps à autres …etc , et
quand bien même certain de ces besoins sont élémentaires chez
d’autres, pour les mahorais ce sont des besoins de luxe.

Les représentants des organisations sociales des
salariés ne cessent de dénoncer depuis le début de leur mouvement
de grève, le vampirisme économique. Ce système irresponsable qui
sous l’attraction du bas coût, exploite les fonds et les bénéfices
engrangés sur notre territoire, au détriment du développement
local. Au grand malheur de notre département, cette pratique est
menée, tant par nos administrations, nos institutions, ainsi que par
de grandes sociétés de la place, des entreprises « boites noires »
et associations n’ayant pour seul objectif d’injecter leurs gains
hors de notre territoire à des fin de profits personnels. Une
situation qui tend à encourager les malversations, à appauvrir le
marché de l’emploi mahorais et surtout, à tuer le dynamisme
économique du 101ème département de France.

Le préfet de Mayotte a souligné que l’économie
mahoraise se structure principalement par les TPE qui représentent
la majorité des acteurs économiques du territoire. Or force est de
constater que ces Très Petites Entreprises ne sont pas du tout
accompagnées :

Nous ne comptons plus le nombre de fois où nous
avons demandé l’aide du conseil général et de la CCI sur la mise
en place d’une centrale d’achat dédiée aux TPE. La dite
centrale d’achat doit permettre justement aux petites entreprises
de concurrencer la grande distribution pour faire baisser les prix.

Le problème de prix doit être traité d’une
façon globale et c’est aux autorités publiques (Etat,
collectivités, chambres consulaires ..) d’organiser rapidement et
sérieusement des états généraux des prix à Mayotte pour dégager
des réelles solutions et éviter de monter la population contre les
entreprises qui souffrent autant qu’elle des problèmes structurels
de l’économie de l’Ile.

Il faudra pouvoir trouver des réponses à ces
questions entre autres consistant à savoir :


  • Comment s’approvisionner à moindre coût ?
  • Où s’approvisionner à moindre coût ?
  • Les normes imposées à Mayotte ne sont-elles
    pas excessives ?
  • Comment réduire sensiblement les taux de fret
    à Mayotte ?
  • Comment instaurer une véritable concurrence à
    Mayotte ?

La CGPME appelle l’Etat à prendre ses
responsabilités qui ne consistent pas seulement à utiliser la force
pour dégager les manifestants, mais ouvrir le débat et à
construire d’autres routes à Mayotte pour qu’une simple
manifestation ne bloque toute l’économie de l’Île.

Said BASTOI, président du CGPME à Mayotte


* une économie oligopolistique est une économie où
la concurrence est insuffisante pour avoir une répercution sur les
prix de vente. Un duopole caractérise une filière où il n'y a que
deux vendeurs (ndlr).
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Mar 3 Juil - 4:07


La feuille de route des députés de Mayotte

Lundi, 02 Juillet 2012 09:57




Réhabiliter le sens du devoir


L’alignement inconditionnel des
parlementaires vis-à-vis des partis au pouvoir est une erreur politique.
L’opposition systématique est une faute morale.

Depuis 1958, les députés mahorais poursuivent un objectif majeur : l’ancrage de Mayotte
dans la France. Ainsi, la création du Mouvement populaire mahorais
(MPM) en 1966 a amené à la Chambre des députés des Comores des
personnalités charismatiques : Marcel Henry, Younoussa Bamana, Zoubert
Adinani, Abdallah Houmadi et Inoussa Ben Ali se battent, pendant la
période de l’autonomie interne, pour sortir Mayotte du joug comorien et
ancrer l’île dans la France.

Encouragés par le Mouvement des femmes -
présidé par Mme Zéna M’déré -, qui leur font prêter serment de fidélité
à la cause séparatiste mahoraise,
les cinq députés resteront unis dans leur engagement patriotique tout
au long du processus conduisant vers l’indépendance autoproclamée des
Comores. La cohésion des élus mahorais et leur souci de l’intérêt
général seront un gage de confiance, le principal argument pour se faire
réélire à chaque scrutin. Cette solidarité leur permettra aussi de
convaincre l’Etat français, avec le soutien de solides amitiés dans
l’échiquier politique national, de ne pas "brader Mayotte" sur l’autel
d’une décolonisation prématurée, mal préparée et engagée
unilatéralement.

Grâce à un lobbying très actif en
métropole, la représentation nationale impose un décompte des voix "île
par île" lors du référendum d’autodétermination du 22 décembre 1974. Au
nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Parlement a permis
aux Mahorais de faire valoir leur différence malgré les pressions
internationales (ONU, OUA, Ligue Arabe…) qui prônent alors
l’indépendance "globale" de l’archipel et s’élèvent contre la
"balkanisation" du Territoire des Comores.


Stratégie d’affaiblissement du MPM


Après l’avènement en 1976 du statut
hybride de Collectivité territoriale, à mi-chemin entre le TOM et le
DOM, Younoussa Bamana est élu député à l’Assemblée nationale en mars
1977. Apparenté UDF, il siège ensuite sur les bancs des non-inscrits.
Pour rappel, la loi du 24 décembre 1976 créant le statut provisoire mis
en place par le Premier ministre Jacques Chirac et maintenu par son
successeur Raymond Barre (d’origine réunionnaise), prévoit la
consultation de la population sur le statut définitif en 1979. Lorsque
le gouvernement décide de proroger de 5 ans le délai de consultation,
Bamana quitte la formation du président Valery Giscard d’Estaing (VGE).
Il proteste ainsi contre le statu quo, le "provisoire qui dure".

Président du Conseil
général, il s’indigne également contre la stratégie d’affaiblissement
du MPM, manifestée par le préfet Jean Rigotard dont le pouvoir est
entièrement consacré au soutien du Front démocratique (FD), une mouvance
marxiste indépendantiste, à la promotion du Parti pour le rassemblement
démocratique de Mayotte (PRDM), partisan du statut autonomiste de
Territoire d’outre-mer (TOM) en collaboration avec les Comores, et à la
valorisation du Rassemblement mahorais pour la République (RMPR) dont
les fondateurs reçoivent toute l’aide nécessaire pour remporter les
premières victoires aux élections municipales et cantonales.



La défense des intérêts de Mayotte reste
le leitmotiv du député. Tout en martelant l’objectif de
départementalisation, Bamana dénonce l’abandon de l’île et réclame des
crédits pour remédier aux retards structurels. Ce premier mandat au
palais Bourbon est consacré à l’effort de sensibilisation des
parlementaires sur l’état du sous-développement de Mayotte. L’absence
d’affiliation du député à un parti ne l’empêche pas d’asséner à
l’Assemblée nationale que Mayotte a besoin d’un effort énergique de
l’Etat sur deux domaines particuliers : les communications intérieures
(les routes) et les communications avec l’extérieur (port, aéroport).
Par ailleurs, le député cite plusieurs axes d’intervention prioritaires
au nombre desquels la santé, l’enseignement, le développement de
l’agriculture et de la pêche.



Le mandat de Bamana s’achève avec
l’élection de François Mitterrand en 1981. La vague socialo-communiste
lui est néfaste. Pour éviter que le gouvernement d’union de la gauche et
la diplomatie française ne mettent à exécution les menaces de "largage"
de l’île, le MPM choisit d’investir Jean-François Hory, issu des
radicaux de gauche (PRG). Les Mahorais élisent donc un métropolitain
dont la mission est d’infléchir la volonté de l’Etat d’intégrer Mayotte
dans la République fédérale islamique des Comores (RFIC). Le mandat de
Jean-François Hory, contrarié par la froideur intellectuelle du jeune
Premier ministre Laurent Fabius, coïncide avec la période des reculades,
des rebuffades et des mauvaises manières faites à Mayotte.



Le territoire est en friche, aucun
chantier n’est entrepris. L’Etat se désengage et le conseil général fait
avec ses maigres moyens pour soutenir le développement
socio-économique. Puisque le chef de l’Etat prône le "lâchage" de l’île,
ordre est donné aux préfets successifs de saper l’influence du MPM, en
créant les conditions de l’émergence d’une opposition portée par les
jeunes "intellectuels". Ainsi naît le Parti socialiste mahorais, qui
deviendra une fédération du PS dirigé par les très austère Michel
Rocard.


La départementalisation à petits pas
Le mandat de Hory s’achève avec
l’arrivée de la droite au Parlement en 1986. Le MPM se cherche alors un
autre "cavalier" législatif. La solution viendra d’une rencontre avec
Alain Poher, président du Sénat, qui propose aux élus d’investir Henry
Jean-Baptiste, un énarque, ancien collaborateur de VGE et membre de la
Cour des comptes. Le candidat présente un triple avantage : c’est un
domien, un Martiniquais, qui connaît l’expérience de la
départementalisation aux Antilles, c’est un noir qui passera mieux aux
yeux des Mahorais et un technocrate. Henry Jean-Baptiste est donc élu
par le MPM pour trois mandats.
La tâche du député centriste paraît
toute simple : construire "la départementalisation à petits pas". Cette
approche prudente et modérée plaît. Jacques Chirac est le premier Chef
du gouvernement français à entreprendre une visite officielle à Mayotte
en 1986. Son ministre des DOM-TOM, Bernard Pons, intègre Mayotte dans la
loi d’habilitation pour l’Outremer. Et la ministre de la francophonie,
Lucette Michaux-Chevry, une antillaise, "amie" de Chirac, inaugure
l’arrivée de la télévision dans l’île.

Le premier mandat de HJB est donc
fructueux. Le second est fécond avec le premier train d’ordonnances
destinées à moderniser la législation applicable à Mayotte. Au
toilettage du cadre juridique s’ajoute la première Convention de
développement économique et social (CDES). Le rythme imprimé par la
droite pour mettre à niveau les infrastructures ne se relâchera pas. La
fin des années Mitterrand, marquée par l’ascension du Premier ministre
Edouard Balladur, correspond à un coup d’accélérateur en faveur de
Mayotte. Un nouvel élan est engagé lors des présidentielles de 1995,
avec la promesse faite par les candidats de consulter la population sur
son avenir statutaire "avant l’an 2000".

Lorsque Jacques Chirac devient président
de la République, Mayotte entre dans un septennat placé sous le signe
du progrès. Mais après trois mandats successifs, la côte de popularité
de Henry Jean-Baptiste baisse. A la faveur du changement de majorité au
Parlement, le retour de la gauche au pouvoir lui est fatal, malgré un
bilan très honorable. La cohabitation entre le président Chirac et le
Premier ministre Lionel Jospin marque un tournant. Les deux têtes de
l’exécutif engagent les discussions sur l’avenir institutionnel.
Toutefois, le débat sur l’évolution statutaire fait exploser l’échiquier
politique local.

Entre les partisans d’une
départementalisation "immédiate" et les tenants d’une
départementalisation "progressive", le MPM ne résiste pas à la discorde.
Le parti historique implose en deux factions rivales. La signature de
l’Accord sur l’avenir de Mayotte, préalable à l’adoption du statut de
Collectivité départementale de Mayotte (CDM) consacre la rupture
définitive entre Younoussa Bamana, le président du Conseil général et le
sénateur Marcel Henry. Les autres formations vont tirer profit de cette
brouille mémorable.


Un mandat mitigé et zéro bilan


Après la consultation du 2 juillet 2001,
la fédération locale du PS a le vent en poupe. Le RPR monte en
puissance. Le parti du chef de l’Etat va capitaliser cette recomposition
lors des élections législatives de 2002. Henry Jean-Baptiste n’étant
plus désiré, le scrutin oppose des locaux. Le temps de la
responsabilisation des Mahorais est venu. Le duel du second tour oppose
Mansour Kamardine (RPR-UMP) et Siadi Vita (MDM). L’engagement de Bamana
aux côtés des signataires de l’Accord sur l’avenir de Mayotte permet à
Kamardine de l’emporter.

Après cinq ans de mandat, ce dernier
veut rempiler, mais les mouvements sociaux affaiblissent
considérablement l’influence du député sortant. Surtout, le bilan de la
mandature est mitigé. L’on retiendra principalement l’activisme du
"poulain" de Chirac en matière législative, avec la loi Kamardine sur
l’interdiction de la polygamie par exemple et les mesures votées par le
Parlement pour lutter contre l’immigration clandestine. Mais au plan du
développement, l’ami du Premier ministre Alain Juppé et le protégé de
Dominique de Villepin à Matignon n’a rien réussi de probant, notamment
au niveau de la réalisation des équipements structurants tel que
l’allongement de l’aéroport de Pamandzi, qui reste le grand projet
emblématique des progrès socio-économiques et culturels de l’île.

"Promesses tenues" avait titré crânement
l’avocat dans un livre dédié à sa gloire. Illusion d’optique et
autosatisfaction péremptoire car un autre ouvrage, "Discours de la
République pour Mayotte", faisait comprendre que l’Etat RPR n’était
guère pressé à mettre les moyens de la politique de rattrapage des
retards de l’île. Suffisance et imprévoyance de l’enfant de la Chiraquie
ont fini par lui coûter cher. Sa proximité avec les puissances de
l’argent, du Medef barricadé par le sulfureux Michel Taillefer en
passant par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) verrouillé par
le très controversé Serge Castel, a fait le reste. Alors qu’il avait
adopté pour slogan "le député des Mahorais", par opposition à son
prédécesseur perçu comme "le député des Créoles", une députation par
procuration à la faveur du patronat a précipité le divorce entre les
citoyens et son représentant.



Mandataire du président de l’UMP,
Nicolas Sarkozy, le parlementaire est désavoué par la population lors du
deuxième tour de l’élection présidentielle, avec un fort plébiscite
pour Ségolène Royal. Le conflit social durable des instituteurs et la
colère des agents de la fonction publique compromettent sa réélection.
Et pour couronner le tout, son premier adversaire pour le siège au
Palais Bourbon n’est autre qu’Ahamed Attoumani Douchina, un UMP
insoumis, ancien secrétaire départemental du parti, frappé par une
mesure suspensive. Il dit regretter le refus du député sortant, qualifié
d’autocrate, d’organiser des primaires pour le choix du candidat. Le
premier tour du scrutin place Kamardine en ballottage favorable par
rapport à son concurrent, Abdoulatifou Aly, investi par le "MDM force
d’alternance".
Soutenu par les forces de progrès et par tous les
déçus de la législature, le challenger est élu le dimanche 17 juin 2007.
Mais son positionnement au centre avec le Modem de François Bayrou, qui
ne compte que deux députés, est complètement stérile pour Mayotte. Un
mandat pour rien et un bilan "zéro" vilipendé par les électeurs et
stigmatisé par une marionnette aux Guignols des infos de Canal +. Malgré
un mandat négatif pour l’image de l’île, le chef de l’Etat, Nicolas
Sarkozy, magnanime et en rupture avec la doctrine de ses prédécesseurs,
consent à accorder enfin la départementalisation à Mayotte.
Ce sera
chose faite en mars 2011, au grand dam de la politique africaine de la
France et du contentieux franco-comorien : la revendication territoriale
des Comores sur Mayotte est désuète puisque l’île est désormais le
101ème département de France, le 5ème DOM et s’apprête à devenir la 8ème
Région ultrapériphérique de l’Europe (RUP) en 2014.




Un devoir de responsabilité


Depuis 1977, date de la première
élection législative pour disposer d’un siège à l’Assemblée nationale,
Mayotte a connu 5 députés. Leur mandat respectif peut être caractérisé
par quelques slogans : un devoir d’unité et de rassemblement avec
Younoussa Bamana (UDF-non inscrit), un devoir de sensibilisation avec
Jean-François Hory (PRG), un devoir de représentation avec Henry
Jean-Baptiste (Centre-UDF), un devoir de responsabilité avec Mansour
Kamardine (RPR-UMP) et Abdoulatifou Aly (Modem). C’est cette
responsabilité locale qui a pâtit des deux dernières mandatures, deux
quinquennats durant lesquels le rythme de développement de Mayotte a
considérablement décéléré, avant d’être impacté par la crise économique
et financière qui a secoué la planète toute entière et qui menace encore
la zone euro. Les deux députés sortis des urnes dimanche 17 juin,
Ibrahim Aboubacar et Boinali Saïd, ont donc pour mission de réhabiliter
le sens du devoir, avec pour feuille de route la relance de l’économie
mahoraise et l’égalité sociale au sein d’une République fragilisée par
la dette publique et les déficits de la Sécurité sociale.



S’il y a un enseignement à tirer de
l’expérience des législatives à Mayotte, c’est que les gouvernements
successifs ont largement contribué à façonner le paysage politique
local, les querelles partisanes aiguisées par Paris ayant retardé le
décollage économique et l‘aménagement du territoire. Les progrès réels
engrangés par Mayotte ne l’ont été que pendant les périodes de
cohabitation. Il est donc essentiel que les élus locaux demeurent
vigilants. Les parlementaires, qui ont pour principal rôle de défendre
les intérêts légitimes de leurs circosncriptions, ne doivent pas céder
trop facilement à la tentation de l’angélisme favorisé par l’hégémonie
d’un clan au pouvoir à l’Elysée, à Matignon, au Sénat ou à l’Assemblée
nationale.

L’alignement inconditionnel des
parlementaires vis-à-vis des partis au pouvoir est une erreur politique.
Le mandat de l’avocat Mansour Kamardine l’a démontré. L’opposition
systématique est une faute morale. Le bilan calamiteux de l’avocat
Abdoulatifou le prouve. La neutralité bienveillante à l’égard du
gouvernement en place est une posture qui a jusqu’à présent assez bien
réussi à Mayotte. Ainsi, tout le jeu subtil de nos deux nouveaux
députés, l’un hollandophile, l’autre hollando-compatible, est d’amener
le gouvernement à mobiliser les financements du développement de l’île.
Cela nécessite une posture critique, une analyse objective des réalités
socio-économiques du territoire, déconnectée de tout esprit idéologique,
une approche pragmatique des solutions à apporter aux problèmes du
sous-développement et de la mauvaise gouvernance des collectivités
locales, une grande capacité de travail et une force de persuasion.


Zaïdou Bamana

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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Mar 11 Déc - 0:38



Blocage démocratique ou institutionnel


Mardi, 27 Novembre 2012 09:45




SÉANCE PLÉNIÈRE DU CG

Lundi matin, les conseillers généraux
étaient réunis en séance plénière pour examiner des rapports de la plus
haute importance : la prolongation de la convention de gestion
temporaire du second quai de Longoni et les décisions modificatives
relatives au budget du département, du service d'incendie et de secours
(Sis) et du Service de transport maritime (STM). Au lieu de cela, les
élus de l'opposition ont décrété que la séance était illégale en
l'absence de commission permanente. Afin de manifester leur
mécontentement, ils se sont levés et ont déserté l'hémicycle sans autres
formes de procès.

Après le départ de l'opposition, la séance s'est poursuivie sans
anicroche, les quelques rapports présentés hier ont été adoptés sans
opposition et seule la motion présentée en début de séance par Mirhane
Ousséni concernant l'application du Revenu de solidarité active (RSA) a
été amendée. Les élus ont eu à se prononcer sur la prolongation par voie
d'avenant de la convention de gestion du second quai de Longoni -une
convention passée avec la Chambre de commerce et d'industrie (cci) de manière temporaire. La suite dans le flash info d'aujourd'hui...
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Re: MAYOTTE Politique

Message par Maadabass le Lun 11 Nov - 3:04

Jean-François Copé : « regardez ce qu'il se passe à Mayotte »
Par  [url=http://www.malango-actualite.fr/auteurs/Eric Trannois.htm]trannois [/url]
Mercredi 23 Octobre 2013 à 00:42:26

Jean-François Copé relance la polémique à propos du droit du sol en proposant que ce principe soit remis en cause pour les enfants d'étrangers en situation irrégulière. « Regardez ce qu'il se passe à Mayotte » avance-t-il sans détailler davantage.

Jean-François Copé ne craint pas relancer la polémique
© UMP


« Lorsque un enfant naît de parents qui sont illégalement sur le sol français, il ne peut pas y avoir d'automaticité à être français. Notre politique d'immigration date du XXème siècle : Les choses ont beaucoup changé depuis », explique Jean-François Copé pour justifier le dépôt éventuel d'une proposition de loi à laquelle réfléchit une commission au sein de l'UMP depuis mardi matin. A noter cependant que ce projet de réforme du droit du sol ne fait pas l'unanimité dans le parti de droite. Patrick Devedjian, par exemple est contre. Il rappelle que c'est un principe « constitutif de la France » et que « 25% des Français ont au moins un de leur grand parent de nationalité étrangère » appuyant sur la nationalité et pas la simple origine. Il sait de quoi il parle : « c'est naturellement mon cas et je ne suis pas le seul dans ce pays ».
Jean-François Copé a donc relancé le pavé du droit de la nationalité dans la mare pré-électorale. La gauche s'insurge l'accusant d'aller chasser sur les terres du Front national tandis que l'extrême droite de Marine Le Pen se gausse, le taxant une fois de plus de récupérationniste.
« On a une espèce de pétard lancé par l'UMP sur un sujet dont ils se sont bien gardé, dans les années où ils étaient au pouvoir, de le débattre. Il y a des opportunités qui montrent une fois de plus des concessions aux extrêmes. La droite française est malade d'être tirée par ses extrêmes », estime pour sa part le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux. Pour Jean Pierre Chevènement, Jean-François Copé prend le risque de rouvrir un dossier « nauséabond ». « C'est un faux débat qu'on allume pour détourner l'attention du problème de fond » ajoute-t-il tout en estimant lui aussi que le nombre d'enfants concernés est « minime ».
''L'affaire'' de la jeune Léonarda qui agite la vie politique française depuis une semaine, forçant Manuel Valls à écourter son voyage en Caraïbes, voit là un nouveau prolongement et l’occasion d'entretenir la tension née de cette affaire, à l'origine de plusieurs manifestations. François Hollande, en montant au créneau lui-même a pensé clore le débat en proposant à la jeune Kossovarde de revenir poursuivre ses études sans sa famille alors que la raison avancée pour son expulsion avait été de ne pas la séparer de ses parents. Les critiques sur cette proposition sont venues de toutes parts, y compris de son propre camp provoquant une nouvelle crise à l'intérieur du PS.
En 2008 avec Christian Estrosi, puis en 2010, l'UMP avait déjà fait une proposition dans ce sens pour Mayotte et la Guyane. Le député des Bouches du Rhône Dominique Tian avait déposé en octobre 2010 un amendement qui remettait en cause ce principe du droit français en demandant que «sur le territoire de Mayotte et de Guyane, est français automatiquement l'enfant lorsque ses deux parents y sont nés», privant même un enfant né d'un Français et d'un ''Étranger'' de la nationalité française. La proposition fera long feu mais réapparaît aujourd'hui même si la proposition de Jean-François Copé ne va pas si loin puisqu'elle ne concerne que les enfants d'étrangers en situation irrégulière.
Le droit du sol, par opposition au droit du sang, est un principe du droit français qui permet à un enfant né de parents étrangers de demander la nationalité française lorsqu'il atteint l'âge de la majorité, à condition qu'il soit présent en France depuis un certain nombre d'années. Il ne s'agit donc pas d'un processus automatique, même s'il semble cohérent qu'un jeune qui a suivi sa scolarité en France pendant plusieurs années et n'a bien souvent plus beaucoup de liens avec le pays d'origine de ses parents entame les démarches.
Selon une estimation avancée par un des participants à un débat sur ce sujet organisé par la chaîne Public Sénat, les enfants de parents en situation irrégulière sur le sol français ne seraient qu'environ 50.000, un chiffre par définition très approximatif puisqu'aucune statistique n'existe, mais qui n'a pas été contesté par les autres participants parmi lesquels des partisans de ce projet de loi. Un chiffre qui ne tient malgré tout probablement pas compte de Mayotte et de la Guyane.
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