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OCEAN INDIEN Coopération régionale sud-sud

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OCEAN INDIEN Coopération régionale sud-sud

Message par Maadabass le Ven 21 Mar - 19:33

Jeudi 20 Mars 2008


La sécurité alimentaire fait débat dans l’Océan Indien
notamment avec la flambée des prix des produits agricoles. Les petites îles de
la zone de l’Océan indien sont touchées de plein fouet. La flambée des prix des
produits agricoles est d’une part, en train de peser très lourd dans le panier
de la ménagère et d’autre part, d’ouvrir des nouvelles perspectives en matière
de coopération au niveau des Etats de l’Océan Indien. La coopération régionale a
toujours été une constante dans le processus de développement durable dans cette
région du monde. Il suffit de voir le nombre de structures de coopération
régionale dans l’Océan Indien pour s’en rendre compte.
<blockquote>

La flambée des prix des produits agricoles est donc une
opportunité de sortir de la rhétorique de la coopération régionale pour proposer
des solutions concrètes à la problématique de sécurité alimentaire et de
développement. Qui plus est, ce type d’opération est co-financé par les États et
les opérateurs économiques eux-mêmes et non par des bailleurs de fonds
traditionnels. Ce genre d’initiative publique-privé, donne de nouvelles
impulsions à la coopération régionale et mobilisent des ressources
additionnelles au niveau national pour financer des investissements
transfrontaliers. C’est le cas notamment au niveau de la coopération en cours,
d’une part, entre Maurice et Madagascar, et, d’autre part, entre Maurice et le
Mozambique.


Maurice s’est donnée comme ambition d’accroître
de façon significative la production agricole, d’ici 2015, en ayant recours aux
innovations, à des nouvelles méthodes de production, le développement de
nouveaux produits et l’accès aux nouveaux marchés. Les besoins de Maurice, en
termes de produits alimentaires sont de l’ordre de 700,000 tonnes tandis que le
pays n’arrive à produire qu’environ 25 pour cent de ses besoins pour nourrir sa
population. Vu l’exiguïté de son territoire et la concurrence dans l’utilisation
des terres par les différents secteurs de l’économie, Maurice n’a pas beaucoup
de choix. Son atout demeure l’expérience et les compétences que le pays a
accumulées durant ses 40 dernières années en matière de production sucrière et
de diversification économique à travers l’industrialisation et le développement
du secteur des services, le tout ancré dans une politique globale visant à
moderniser la société afin de répondre aux nouveaux besoins de la population.
Cultiver dans les pays de la région pour assurer la sécurité alimentaire de
Maurice, est la stratégie qui est en train d’être réactivé depuis quelques mois
déjà. La démarche consiste à encourager les opérateurs agricoles et les
entrepreneurs du secteur pêche à saisir les opportunités d’affaires disponibles
dans des pays comme Madagascar et le Mozambique, dans le cadre des Initiatives
Transfrontalières (Cross-Border-Initiative).


Des opérateurs mauriciens impliqués dans la
production de fruits et légumes et autres produits alimentaires se sont
implantés depuis plusieurs années à Madagascar. Ces opérateurs servent soit le
marché malgache soit exportent leur production vers des marchés très
rémunérateurs, notamment l’Union Européenne. Les échanges entre les îles ont été
plus lents dus à des problèmes phytosanitaires. Il ne faut pas oublier que
Madagascar était dans le passé le grenier des îles de la zone avec des produits
comme le riz vendu sous le label ‘Perles de Madagascar’ et des zébus sur pattes.
Or aujourd’hui, Madagascar fournit seulement 1% de besoins de Maurice en
produits alimentaires. Des possibilités d’augmenter l’exportation des produits
de la mer, des fruits et des légumes vers Maurice, existent. Si la coopération
régionale peut favoriser l’accès à des produits de qualité et acceptables en
termes de normes phytosanitaires, encore faut-il que le prix soit abordable pour
le consommateur.


Le Mozambique est l’autre Etat de l’Océan Indien
faisant partie du processus de l’Initiative Transfrontalière à travers les
investissements et un transfert de compétences et d’expériences.
L’investissement vers le Mozambique n’est pas nouveau. Déjà en 1995, un
consortium mauricien avait réhabilité une usine sucrière à Marromeu, au
Mozambique. Cette dernière emploie environ 4000 personnes à plein temps et
fournit de l’électricité à tout le village. Actuellement, dans le cadre d’un
accord avec l’Etat Mozambicain, Maurice dispose de 5000 hectares de terre au
Mozambique pour des projets agricoles. Des potentiels existent aussi dans le
secteur pêche, notamment le développement de la pêche artisanale et
l’aquaculture. Depuis 2002, un accord de principe existe dans le domaine de la
pêche mais cet accord reste à être opérationnalisé. Il faut dire qu’il n’y a pas
eu, jusqu’ici, de bousculades au portillon. La flambée des prix des produits
agricoles et la restructuration de l’économie mauricienne sont en train de
changer la donne et de forcer l’Etat mauricien à revoir sa stratégie de
coopération avec certains pays de la région de l’Océan Indien. Dans cette
nouvelle perspective, la sécurité alimentaire de Maurice passe par la région et
à terme, contribuera à donner une nouvelle dimension à la coopération sud-sud
dans l’Océan Indien.</blockquote>
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